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   •  Peinture
   ABDELMALIK BERHISS L’EVIDENCE DES COMMENCEMENTS


C’est le galeriste danois frédéric damgard qui découvrit le premier le talent de abdelmalik berhiss et l’exhuma de l’anonymat, comme une pléiade d’autres artistes autodidactes souiris. cette découverte fut une révélation qui étonna plus d’un. à l’étonnement, éprouvé hier, succède aujourd’hui la conviction que la peinture de berhiss révèle un monde à part où onirisme fantastique et pointillisme rigoureux se mêlent et s’entremêlent comme pour conter par le trait et la couleur les commencements oubliés. eléments.

PAR : MOSTAFA CHEBBAK
PHOTOS : MOSTAPHA ROMLI



Ce qui caractérise l’art dit «naïf» ou «primitif», au-delà de toute considération esthétique, est le fait que cet art a, tant bien que mal, réussi à transcender les barrières intellectuelles et sociales. Ce fait est somme toute unique parce qu’il ne se vérifie dans nul autre domaine. Pas étonnant si la peinture constitue pour les autodidactes d’Essaouira, comme bien d’autres avant eux au Maroc et à l’étranger, un moyen de s’emparer de l’irréel, après que le réel proprement dit leur avait été ravi. C’est du rapt du monde réel et de sa déflation extrême que naît le besoin d’évasion et le désir d’affirmation de soi au travers de la création picturale. Et cet art des marges exerce, à chaque fois, un effet magique sur le public comme c’est le cas avec Berhiss. Mais attention à nos jugements rapides. Malgré l’air de famille qui semble fédérer les peintres d’Essaouira, il serait faux de les intégrer dans un régime de siamois qui ferait d’eux des sortes de poupées russes encastrées les unes dans les autres et dénuées de tout caractère et de toute individualité. Jean-Hubert Martin, conservateur du Musée National des Arts d’Afrique et d’Océanie, a écrit dès son premier contact avec les peintres d’Essaouira : «Je n’ai jamais rien vu de semblable. Ce sont vraiment des singuliers de l’art».




Berhiss est bien cela, un peintre singulier. Au-delà des thèmes directement issus de l’univers cosmopolite d’Essaouira, de ce bestiaire fantasmagorique et de ces personnages zoomorphes, c’est la délicatesse des compositions élégamment construites qui frappe, la tendresse des tons et la douceur des courbes du dessin. Grâce à un trait épuré et un pointillisme assidu, Berhiss, l’autodidacte, tire une poésie subtile de ces chimères et de ces monstres qui habitent son esprit et peuplent ses tableaux, harmonisant ce monde irréel avec des coutumes artistiques séculaires, gravures rupestres de l’Atlas ou techniques des arborigènes australiens.

Malgré son spontanéisme apparent, la peinture de Berhiss est tissée par un nouage complexe fait à la fois de poésie et de rigueur, de candeur et de lucidité. Comme si la puissance imaginale de l’ancien paysan, simple cultivateur de la terre, avait trouvé dans la sobriété et le savoir-faire du plasticien un point de chute idéal, une sorte de terre promise. Et l’art de Berhiss est tout entier nimbé de promesses. Il ne se réfère à rien autour de nous. Il est toujours là devant nous, aube esquissée au loin, sur le front du songe. D’où l’étrangeté de ses œuvres. Non pas qu’elles représentent des créatures elles-mêmes étranges et étrangères à notre monde. La question serait ô combien simple et sans effet. C’est la peinture de Berhiss qui est elle-même doublement étrangère : face, d’abord, au scripturaire arabe fondé sur la sacralité de l’écriture et le rejet de l’iconographique et face, ensuite, à l’académisme occidental exalté par ses traditions séculaires.

Peut-être est-ce là que réside la force des «naïfs» ou des «primitifs», celle de s’exprimer en totale liberté sans être formaté ou simplement influencé par une école, un mouvement.

Peut-être est-ce le fantastique de Berhiss qui rend son œuvre si étrange à nos yeux trop contaminés par la normalité d’images standardisées parfois jusqu’à l’ennui. Où est-ce surtout cette répétition, cette accumulation de points et de traits qui tendent à l’obstination et qui semblent vouloir nous attirer vers un monde à la fois féerique et cauchemardesque, un monde qui n’a ni haut, ni bas, ni gauche ni droite, un monde dans lequel semblent tournoyer sans fin des créatures étonnantes, ni douces, ni terrifiantes, juste étranges. Berhiss se nourrit-il de nos airs hébétés? Il ne dit rien et continue inlassablement à recouvrir l’espace de traits et de points faisant surgir des œuvres si incroyablement maîtrisées où l’irréel prime sur le réel et où le surnaturel domine constamment le naturel.

Alors que faire quand nous sommes face à un peintre qui se joue de nos idées reçues et de nos habitudes de jugement, sinon suspendre et ces idées et ces jugements puisqu’ils se révèlent à chaque fois désespérément obsolètes.




Parcours...

Abdelmalik Berhiss est né en 1971 dans la campagne des tribus Chiadma. Ouvrier agricole de son état, il commença à peindre tardivement dans l’arrière-pays d’Essaouira, dans une solitude ascétique. C’est le galeriste danois Frédéric Damgard qui le révéla au public surtout européen. En 2005, la mort de son beau-père, l'homme qui, selon Berhiss lui-même, a le plus influencé le cours de sa vie, le plonge dans une véritable dépression qui l’éloigne de ses pinceaux. La médaille que lui décerne, en 2007, l’Académie des Arts, des Sciences et des Lettres de Paris, le rappelle à son art. Depuis, il travaille sans relâche, avec la même ténacité et la même rigueur, et l’inspiration ne le quitte plus.

Plusieurs expositions collectives au Maroc et à l’étranger.

2004 Essaouira : Galerie d’Art Frédéric Damgaard
1998 Portugal : Pavillon du Maroc à l’Exposition Universelle
1997 Asilah : Galerie Aplanos
1996 Suisse Zürich : Musée de l’Art et de la Culture d’Amérique
1995 Casablanca : Galerie Bassamat
1995 Rabat : Galerie d’Art Frédéric Damgaard
1994 Suisse Morges : Concours International Pro Arte Kasper
1994 Essaouira : Galerie d’Art Frédéric Damgaard
1994 Tanger : Centre Culturel Français
1994 Allemagne Landau : Villa Streccius
1993 Allemagne Wuppertal : Musée de Wuppertal
1993 Danemark Copenhague : Images of Africa
1993 Marrakech : Centre Culturel Français
1993 France Nice : Musée International d’Art Naïf
1992 Essaouira : Galerie d’Art Frédéric Damgaard
1992 Allemagne Château Babstadt : Galerie Steiner
1991 Marrakech : Galerie Nationale Bab Doukkala 1990 Essaouira : Galerie d’Art Frédéric Damgaard

DISTINCTION
Médaille de Vermeil décernée, en 2007 à Paris, par l’Académie des Arts, des Sciences et des Lettres.

COLLECTIONS
Les œuvres de Berhiss figurent dans plusieurs collections publiques et privées, au Maroc et à l’étranger, notamment en France, Belgique, Allemagne, Danemark, Suisse, Portugal et Etats-Unis.
Les œuvres illustrant ce portrait ont toutes été réalisées par Abdelmalik Berhiss durant l’année 2008 et feront partie de la collection qui sera présentée lors de l’exposition itinérante qui aura lieu à Paris, Bruxelles et Genève.



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