| |
• Design
BRIGITTE MARTINEZ |
|
|
 |
RÉFLEXION SUR LE SENS DU DESIGN
PAR FLORENCE COOK
De sang espagnol, de culture française, marocaine de naissance et de cœur, Brigitte Martinez intègre dans son travail les arts, tous les arts, comme elle a intégré ses origines mixtes, avec force et passion, sans demi-mesure. Architecte, technicienne, designer, peintre, écrivain, elle vit cette multiplicité au quotidien, incluant toujours une réflexion qui va bien au-delà de la technique et qui prend le temps de s’interroger sur l’humain, ses buts et ses responsabilités face au monde qui l’environne
|
| |
|
|
|
SON PARCOURS
Après un parcours parisien et une émulation de ses pairs professeurs, Jean Michel Willmott, Philippe Stark, Patrick et Daniel Rubin, Philippe Boisselier, Patrick Montini ou encore Martine Bedin, Brigitte Martinez obtient son diplôme de l’école privée des arts décoratifs de Paris, l’école Camondo. Suivront plusieurs réalisations pour les centres culturels du SIAG français, en Algérie et en Roumanie, la fondation D.Mitterand en design conseil à Paris de 1989 à 1993, les hôtels Four Seasons et Méridiens pour Inter Art Paris. De multiples récompenses viennent couronner son travail : lauréate du concours «Jeune créateur en 1992/1993, Kashiyama au Japon », mentionnée parmi les nouveautés 1992 par le magazine Ufficio Italia mobilier en Italie et lauréate du concours designer 1993 Jacob Delafon.
Brigitte Martinez revient au Maroc en 1993 et croit fermement aux talents marocains. Elle crée d’ailleurs, avec d’autres designers marocains, «L’Association Designers du Maroc» et soulève «les vraies questions» : Qui sommes nous? Que faisons-nous? Qu’allons-nous faire?
.
|

|
|
 |
|
|
L’AVENIR DU DESIGN AU MAROC
Brigitte Martinez opte pour un travail partagé, des co-signatures, et croit en un «univers pluriel», un mélange de compétences, d’expertises, d’inspirations différentes pour un résultat optimal.
Elle voit l’avenir du design marocain passer par la création d’un «laboratoire de recherches» constitué d’artistes, d’artisans, de designers et d’industriels ce qui permettrait à plusieurs volontés créatrices de constituer des œuvres qui intègreraient ces regards multiples dans lesquels, individus et groupes pourraient se côtoyer avec un respect mutuel : «Il faut parfois accepter de s’effacer pour «l’autre» et ce, pour la Création».
Il faudrait pouvoir avoir la possibilité de faire émerger ce qu’il y a de mieux en chacun afin de découvrir à travers toutes ces nuances et ces diversités, un résultat majeur
.
|

|
|
 |
|
|
LE DESIGNER REFUSE L’UNICITÉ
Brigitte tient à replacer le design dans son contexte. En effet, il est intimement lié à l’industrie car il n’existe que dans la reproductivité. La démarche du designer s’oppose à celle de l’artiste ou de l’artisan qui ne génère que des objets uniques. Selon Brigitte, «le designer doit refuser l’unicité».
Dans ce sens, le designer a pour tâche, entre autre, d’intégrer dans ses créations les paramètres imposés par les PME ou les industries et donc participe activement de ce fait à l’économie du pays. Alors que l’artisan est un artiste concepteur qui est lié à son milieu immédiat et puise ses ressources dans son environnement, le designer, parce que son travail est industrialisé, se doit de composer en tenant compte de paramètres sociaux économiques évidents ne serait ce qu’en respectant, par exemple, le milieu et les données écologiques.
L’interaction entre design et réalité d’un pays en pleine propension passe par un respect de toutes les données avec une conscience liée à l’investissem
.
|

|
|
 |
|
|
QUAND TECHNIQUES, ÉTUDES ET ARTS SE RENCONTRENT
Attachantes et dynamisantes, ses créations architecturales partent toujours d’une réflexion profonde, tendent à devenir un lieu idéal dans lequel pourra s’épanouir une personne, un groupe et leurs âmes. Les techniques sont aussi travaillées que les matières, la fonctionnalité n’est pas considérée comme une contrainte mais comme un paramètre qu’elle étudie avec soin aussi bien que toutes les données qui entrent en ligne de compte, jusqu’au moindre détail. Quand Brigitte se lance dans un travail, elle commence pae une recherche scrupuleuse de documentation, l’étude de données socio-économiques, historiques, géographiques et urbanistiques. La fonctionnalité entre bien entendu en ligne de compte mais son travail résulte toujours d’un consensus qui permet «l’entrebâillement vers d’autres univers avec un minimum de risques», pour que l’âme se dégage de l’analyse. «Un bon architecte doit générer une osmose mais aussi le désir de susciter des interrogations». Il doit encore être à l’écoute des inquiétudes , des exigences aussi et y répondre.
Brigitte travaille aujourd’hui au sein de l’Agence Po.D car elle a trouvé respect et complémentarité dans un environnement qui lui permet de s’exprimer pleinement. C’est en 1999, à Paris, que Lotfi Sidirahal, Whookiat Heng et Rémi Feghali créent leur groupe Po.D. Véritable laboratoire d’expérimentations architecturales et de recherche sur les modes de vie. Après avoir remporté en 2000 le «Prix Spécial de la Créativité» de la F.E.I.D.A.D à Taiwan «Far Eastern International Digital Architecture Design Award», une première agence Podarchitecture est constituée à Paris. En 2002, l’agence participe pour la seconde fois à «Living in Motion», au «Vitra Design Museum» qui deviendra par la suite une exposition itinérante (Barcelone, Dublin, Porto, Graz, Hasselt, Madrid ). En 2003, l’agence PoD Architecture ouvre à Beyrouth puis à Casablanca en 2004. Brigitte Martinez y étudie principalement des commandes liées au tourisme et à ce titre, propose une typographie d’espace et d’objets qui intègrent l’œuvre artistique et picturale.
Etre sensible et artiste dans l’âme, elle s’attache en parallèle à un projet qui associe peinture, photographie, musique et textes sur le thème des «Anges gardiens». Une femme multiple donc, passionnante et passionnée, sensible au rôle social du design et plus généralement de la création artistique. Une réflexion utile et nécessaire.
.
|
|
|
|
|