| Naissance d’un palace
En 1930, le palais devient hôtel de luxe, sans que l’architecture n’en soit bouleversée. Les somptueux appartements de la favorite et du grand vizir s’ouvrent à des hôtes privilégiés. Les riches brocards, les lits à baldaquin et le mobilier français d’époque sont répartis entre les suites qui conserveront jusqu’à nos jours toute leur superbe. Le temps a comme suspendu son vol. Ainsi, passé la porte de la grande suite Royale, vous voici au début du siècle, tel un consul ou un ambassadeur recevant de hauts dignitaires derrière un imposant secrétaire d’époque avant de vous coucher dans un très ancien lit à baldaquin ; la suite du Grand Vizir et son immense terrasse panoramique abrite de précieux fauteuils complétés d’un canapé toujours rembourré de crin. Il faudrait encore parler de la suite Vizir, de la Favorite, de la Princière… autant de lieux uniques où brocards, plafonds peints, zelliges originaux et mobiliers du siècle dernier témoignent ou plutôt perpétuent la splendeur passée.
Une extension, respectant l’architecture originale, est décidée en 1970 par les Chemins de Fer, propriétaires des lieux qui confieront en 1998 ce joyau au groupe Accor qui embellira encore les lieux, et le dotera d’un spa somptueux. D’autres travaux d’embellissements sont d’ailleurs programmés, ils seront confiés à l’architecte d’intérieur Sibylle de Marjorie, chargée de faire revivre toute la splendeur d’autrefois, sans dénaturer les lieux. Mais laissons le futur et abandonnons-nous à la douceur du présent. Toute la majesté du Palais Jamaï s’offre au visiteur, comme un cadeau du passé. Plafonds finement ciselés, bois peints mêlés de marbre rose entrecoupés de quelques touches Art Déco, tout ici évoque l’atmosphère des grands palaces avec cette touche d’hospitalité et de convivialité toute marocaine. Les nombreuses personnalités, têtes couronnées, de présidents, de ministres, d’invités de marque de feu Sa Majesté Hassan II ou de Sa Majesté Mohammed VI mais aussi d’artistes et de figures emblématiques de la jet-set, qui séjournèrent ici marquèrent les lieux de leur empreinte et l’on évoque Margrethe II du Danemark et son mari, le Roi et la Reine de Belgique, l’Aga Khan, David Rockfeller, Jacques Chirac et son épouse Bernadette, Luc Besson ou tout dernièrement Bono du groupe U2, qui demeura cette année au Palais, ayant trouvé ici l’inspiration pour son dernier album. Il n’hésita pas à transformer Ryad Yacout en studio d’enregistrement pour pouvoir prolonger son séjour.
Fès la spirituelle omniprésente
Les chambres luxueusement décorées de l’aile principale offrent une vue extraordinaire sur la médina si proche qu’elle semble à portée de main. Fès est omniprésente, partout visible depuis les chambres, les terrasses, les jardins, la piscine même, offerte comme un théâtre à ciel ouvert, un décor médiéval, enchevêtrement de carrés et de rectangles grouillants de vie, d’où s’échappent parfois une fumée noire, rappel du travail immuable des artisans. A la tombée de la journée, le spectacle est sublime; l’appel des muezzins, qui suspend un temps le jeu des musiciens, majestueux. Les jardins andalous sont à leur paroxysme, une fine brise traverse les plantations, le murmure de l’eau se mêle à la quiétude du soir, les parfums envoûtants ensorcellent les esprits, les alcôves disséminées sont une invitation à vivre pleinement la magie de l’instant. Mais déjà votre table vous attend sur la terrasse où vous pourrez découvrir une cuisine gastronomique inventive qui a su s’ouvrir aux spécialités du terroir comme cette pastilla de légumes au fromage du pays sur lit de charmoula, la longe d’agneau à la coriandre et marjolaine accompagné de petits légumes ras el hanout ou encore ce margret de canard de Tait Mellil et sa bigarade de réglisse pour finir avec des macarons moelleux au chocolat, glace vanille et ganache à la coriandre.
De palais, la demeure du Grand Vizir Jamaï est devenue Palace, gardien de la splendeur de Fès et du savoir-faire de ses plus grands maîtres artisans. Il fait partie de ses quelques hôtels d’exception chargés d’histoire qui offrent aujourd’hui le confort le plus moderne et le luxe le plus contemporain. Il est unique aussi, imprégnant chacun de ses hôtes d’un sentiment qui ne le lâchera plus. Alors quand il vous faudra le quitter, vous penserez sans doute, comme Jean-Louis Trintignant, l’écrivait si bien dans le livre d’or « Au revoir,…à souvent ».
Lespa
Désormais la sérénité et le calme qui règne sur le Palais Jamaï, palais du XIXème siècle, atteint son apogée avec son spa, 600m2 dédiés à la détente au bien-être du corps et de l’esprit. Lumière tamisée, lanternes éclairées de bougies et murmure de l’eau vous immergent dans une atmosphère toute orientale. Dans ce cadre précieux, sont prodigués les fameux rituels de bien-être et de beauté développés par Accor mais également les rituels orientaux, les bienfaits du hammam et de produits naturels comme la précieuse huile d’argan ou les masques à l’argile ou aux extraits de rose. Le spa du Palais Jamaï a fait de la relaxation une de ses spécialités, avec une large palette de soins pour le visage et le corps et un grand choix de massages dont l’inoubliable massage à quatre mains.
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