Car, reconnaît-elle, " les artisans font de très belles choses, dommage qu’ils fassent tous pareil ". Pour cela, elle devra d’abord apprendre le métier de base. Ce sera chose faite avec un maître potier qui lui enseignera les rudiments de la céramique. De façon tout à fait artisanale, au four à bois et avec de la terre émaillée locale.
Petit à petit, la céramiste en devenir opte pour du matériel plus moderne. Dans son atelier de Sidi Ghanem à Marrakech, tout se cuit au four à gaz et électronique afin " de mieux gérer la régularité de la cuisson et l’homogénéité des couleurs ", explique t’elle. Autre singularité, la matière première, la terre, est importée d’Espagne. Objectif qualité et valeur ajouté oblige. Artiste dans l’âme, Charlotte Barkowski dessine ses propres lignes, des lignes qui lui ressemblent et qu’elle qualifient d’ " épurées, légères et ludiques ". Les couleurs restent unies et sont autant de coups de cœur et d’humeur. Les colorants utilisés proviennent du monde entier.
Son inspiration profonde vient à la fois du Maroc, de ses origines et enfin de son imaginaire, lui-même tiré des symboles du pays. " Si l’on prend la théière orientale, elle fait référence à l’orient, aux mille et une nuits, à Ali Baba. Les verres font quant à eux écho au style beldi, dans une toute autre version, la céramique. Pour les plats à tagine, je les propose dans différents formats et couleurs car on n’a pas toujours envie de manger le tagine dans un grand plat familial de couleur miel ", explique la créatrice.
Sobriété et symboles sont sans doute les secrets de la réussite de Charlotte Barkowski, " Madame Akkal " dont les collections s’exportent dans le monde entier, du Canada à Tokyo en passant par l’Europe. Aux lignes douces et aux pigments inédits, elles ont le visage de l’universel. Et si elle séduisent à l’étranger, elles enthousiasment aussi le Maroc. Riads, hôtels, restaurants mais aussi une large clientèle privée, ont déjà fondu pour ses services de table, cendriers, pots de jardins, photophores, articles de salle de bain… faits à la main par des artisans marocains.
Chaque année, Akkal crée une nouvelle collection. La dernière, sortie en juin dernier, est un hymne aux formes rondes, aux courbes, à la chaleur et à la convivialité ; les noms des modèles font référence au langage local, comme la ligne " Aiwa " (qui signifie capter l’attention) avec sa série de joyeux saladiers. Joyeux peut-être, mais toujours dessiné sur le fil de la sobriété.
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