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   APERÇU SUR LES NOUVELLES ATTITUDES ARTISTIQUES AU MAROC


l'art contemporain au Maroc
après un dossier consacré aux peintres marocains d’aujourd’hui, consacrer un "gros plan” sur les installations, la vidéo, la photographie, la danse contemporaine… ce que mohamed rachdi rassemble sous le terme judicieux de “nouvelles attitudes artistiques au maroc" nous a semblé une obligation et une manière de mettre en lumière le travail passionnant d’artistes passionnés et engagés, impliqués par les grandes questions qui agitent notre société.

PAR : MICHELE DESMOTTES, MOHAMED RACHDI


l'art contemporain au Maroc

Certes, le marché est plutôt obnubilé par le caractère pérenne de l'oeuvre d'art au sens classique, alors que ces pratiques résolument contemporaines sont plutôt des créations éphémères et fugaces qui débordent les limites habituelles des expressions artistiques, un fait qui bloque, comme nous le verrons, la diffusion de ces oeuvres au maroc. mais, leurs voix sont essentielles et elles s’inscrivent parfaitement dans le mouvement actuel de l’art international. utilisant tous les outils que la société technologique met à leur disposition (images vidéo, web, photographie, produits de récupération,…), ils sont là pour nous interroger sur notre époque, sur le monde qui nous entoure, sur les enjeux qui l’anime à l’ère de la globalisation.

Nous explorerons d’abord ces nouvelles attitudes artistiques au maroc au travers de textes d’observateurs éclairés, tout en présentant quelques-uns des artistes marocains les plus marquants. comment donner plus d’espace à ces artistes est la question que nous envisagerons ensuite. après avoir donné la parole aux galéristes et aux associations d’artistes, nous reviendrons sur quelques expériences intervenues dans l’espace urbain marocain.



l'art contemporain au Maroc

LES NOUVELLES ATTITUDES ARTISTIQUES AU MAROC

la culture marocaine s’est constituée à travers le temps d’une variété de cultures qui font sa richesse et sa complexité. depuis la nuit des temps, différentes traditions culturelles s’y entrecroisent, berbères, phéniciens, romains, arabes, africains… mais la richesse et la complexité de la culture du pays s’amplifient avec son ouverture à la modernité et davantage encore avec son inscription actuelle dans la dynamique de la mondialisation. aussi convient-il de ne jamais perdre de vue cette réalité lorsque l’on cherche à traiter de tel ou tel aspect du maroc d’aujourd’hui. ce pays est riche et complexe, et c’est dans cette richesse et cette complexité qu’il faut toujours le considérer si l’on désire comprendre au mieux son fonctionnement.

Les nouvelles attitudes artistiques au Maroc ne sauraient échapper à cette complexité. Quelles en sont alors les propositions? Quels sont les débats qui les animent et quels en sont les enjeux? Comment sont-elles produites, diffusées et reçues? Autant de questions que tentera de développer ce dossier ou plus précisément d’esquisser compte tenu de l’espace imparti.

Mais il importe tout d’abord d’opérer un léger regard rétrospectif pour une mise en perspective historique et analytique. En effet, pour bien saisir les enjeux qui animent les artistes contemporains en lien avec le Maroc actuel (enjeux qui, en fin de compte, comme on le verra, sont étroitement liés à l’effervescence créatrice qui agite la planète aujourd’hui, il est d’abord utile de revenir, très schématiquement, sur les débuts de la production artistique marocaine, au moins depuis l’indépendance du pays, et la manière dont elle s’inscrit dans l’histoire et la mémoire culturelle du Maroc. Il est également important de considérer les attitudes et pratiques artistiques qui commencent à s’énoncer à partir des années 80 et qui investissent chaque jour davantage la scène artistique actuelle.



l'art contemporain au Maroc

LA PRODUCTION ARTISTIQUE AU MAROC DE LA FIN DU PROTECTORAT AUX ANNÉES 80

années 80 était fondamentalement préoccupée par la problématique identitaire : la construction d’une identité culturelle nationale et, plus largement pour certains artistes, une identité culturelle arabe. Et ce, pensaient-ils, afin de recouvrer une identité culturelle, une dignité humaine et une intégrité territoriale estimées bafouées par le colonialisme et menacées de disparition totale par l’impérialisme occidental. Cherchant tant bien que mal à s’émanciper du modèle occidental jugé aliénant et annihilateur, la création artistique marocaine post-coloniale se confinait alors dans les limites du territoire national, géographique et culturel. Elle se proposait de le réinvestir pour le reconnaître, s’y reconnaître et le faire connaître sous son “vrai visage”. Un territoire national qui est considéré par ces artistes comme l’unique terreau à réactiver pour en révéler les richesses occultées par l’occupant, à restaurer pour en réveiller l’authenticité, réaffirmer son identité altérée… En fin de compte, se remémorer pour se retrouver, pour renaître, inventer sur les fondements de cette mémoire maltraitée pour exister. (1)

Dans ce contexte, ce combat, qui a porté la création artistique marocaine jusqu’à la fin des années 70, est aisément compréhensible, légitime et même louable, mais n’est pas dépourvu d’ambiguïtés et de contradictions qui ne peuvent être analysées dans le présent dossier.

Signe de l’essoufflement du combat identitaire nationaliste mais également expression de nouveaux besoins et aspirations, c’est à partir des années 80 que l’on repère un changement dans les pratiques et les attitudes des artistes marocains. Des individualités artistiques s’affirment par-delà les préoccupations dominantes des années 60-70. Des expériences singulières se manifestent et cherchent à s’émanciper de l’idéologie postcoloniale plombée par la reconstruction de l’identité culturelle nationale. Délaissant les interrogations maroco-marocaines et arabo-arabes, des artistes se tournent alors de plus en plus vers de nouveaux horizons, de nouvelles explorations. Certains, timidement, et d’autres, plus franchement.

Toutefois, bien qu’ils se soient essayés superficiellement à certaines audaces de l’expérimentation contemporaine (installation, performance…), la plupart des artistes se sont rapidement cantonnés au seul domaine pictural. Il faut dire, d’une part, que pendant ces années 80 en Europe, certains esprits commençaient à s’élever contre la radicalité expérimentale des propositions artistiques contemporaines et se mettaient à promouvoir ce qu’ils appelaient "Peinture-peinture" D’autre part, peindre des tableaux était l’unique moyen pour les artistes marocains d’espérer vivre de leur art. Cela demeure malheureusement valable aujourd’hui encore.



l'art contemporain au Maroc

LES NOUVELLES ATTITUDES ARTISTIQUES À PARTIR DES ANNÉES 80

Quoi qu’il en soit, à partir des années 80, nombre d’artistes marocains ne cherchent plus à s’écarter des modèles occidentaux pour montrer ce qui les rassemble et les identifie à une culture commune et à une communauté, mais ce qui les distingue, les personnalise. L’époque est désormais celle de la quête, non d’une identité culturelle nationale, mais de l’affirmation de l’individu artiste et de la singularité en art. Cette dynamique va s’accélérer avec la génération de la dernière décennie du XXe – début XXIe siècle.

Aujourd’hui, la réalité marocaine est différente. En effet, se borner aux seules considérations identitaires liées au territoire national, c’est chercher la fixité dans une vision trop étriquée en décalage total avec l’évolution et les enjeux du monde actuel. C’est pourquoi je parlerais volontiers des artistes contemporains issus du Maroc plutôt que des artistes contemporains marocains, ainsi que de la place occupée par le pays dans leurs œuvres l’immigration.

À l’évidence, la réalité de la mondialisation a bouleversé le rapport de l’homme au monde, de l’homme en général et plus singulièrement de l’artiste contemporain. En effet, les artistes sont portés par l’exigence de l’invention de nouvelles formes et du développement de nouvelles attitudes en adéquation avec leur époque. L’internationalisation des économies, le développement des moyens de transport, la globalisation des échanges dans tous les secteurs de l’activité humaine ont radicalement modifié le visage du monde. Cela a changé la vision de l’homme sur son entourage immédiat et lointain, son actualité, mais aussi son histoire et sa mémoire.
Nous ne vivons plus les mêmes choses qu’auparavant, nous n’envisageons plus le futur, ne concevons ni le passé ni le présent de la même façon. La réalité de la mondialisation a radicalement modifié et nos modes de perception et nos modes de conception. La mondialisation a une incidence manifeste sur l’activité artistique et la pensée sur l’art et ce à tous les niveaux :
production, diffusion et réception.

Cette réalité, partagée aujourd’hui par la population mondiale, à des degrés différents, n’épargne pas le Maroc, pays qui a toujours prôné, avec la même force son attachement aux références culturelles traditionnelles et son ouverture à la modernité. En effet, la mondialisation est opérationnelle dans ce pays qui ouvre large ses portes aux investisseurs de provena ces diverses. S’ajoute le fait qu’une importante population du Maroc vit dans l’immigration en Europe et plus particulièrement en France.

Cette double réalité de la mondialisation et de l’immigration est incontournable pour l’étude de la production culturelle et artistique du Maroc. En effet, c’est ce qui va modifier complètement les mentalités et le rapport à l’art en jetant dans la caducité les préoccupations autour de l’identité culturelle nationale.

Les artistes, ne se consacrant plus uniquement à affirmer la marocanité de leur création et leur appartenance à une culture et à une nation particulière, œuvrent de plus en plus à s’ouvrir au monde, en épousant et en participant à l’élaboration des pratiques contemporaines les plus audacieuses, diverses et hétéroclites. Toutefois, cet "oubli" du Maroc et de la marocanité ne veut surtout pas dire que les références marocaines ne resurgissent plus dans les pratiques artistiques contemporaines.

Il est intéressant de souligner que, face à la profusion actuelle des propositions artistiques, même les théoriciens, qui, autrefois, s’évertuaient à pointer dans les œuvres les traits susceptibles d’exalter quelque spécificité pouvant marquer l’appartenance à une identité culturelle nationale, se mettent aujourd’hui à réfléchir aux causes qui président à la multitude de la production contemporaine qui défie manifestement toute classification, voire toute identification. Finie, donc, l’époque où l’on cherchait - quitte à la forcer - la cohérence d’une démarche artistique dans son adéquation aux préoccupations identitaires. Le constat de la diversité est aujourd’hui manifeste, et face à cette évidence, la célébration des pratiques soucieuses des considérations identitaires s’avère définitivement caduque. Et ce en dépit de certains signes de repli qui gémissent ici et là, mais qui ne sont en fin de compte que l’expression désespérée devant l’accélération d’un processus inexorable.

Faouzi Laatiris . Equilibre précaire . Dimensions variables
Béton et câble en acier. 1986-87 . Bourges . France



l'art contemporain au Maroc

C’est dans cette même perspective que Moulim El Aroussi tente d’expliquer la diversité des pratiques artistiques marocaines, d’une part par la formation des artistes à l’étranger et d’autre part, par la diversité des spécificités territoriales et culturelles au sein d’un même pays. "Sur le plan de la formation, précise-t-il, et si on ne se limite qu’au seul exemple de la France, il n’y aurait pratiquement aucune école de ce pays qui n’aurait vu un étudiant marocain se former en son sein. Il est évident que chaque Ecole française des Beaux-Arts est en elle même une tendance. Les artistes marocains, rentrés chez eux après leurs études, venaient enrichir la scène avec d’autres idées […]. À ce problème de formation s’ajoutent les différences culturelles. La sensibilité d’un citadin n’est pas celle d’un rural, celle d’un Amazigh n’est pas celle d’un Sahraoui, d’un Rifain ou d’un autre marocain originaire de la plaine ou de la montagne. L’imaginaire, les langues aussi bien que les représentations visuelles et chromatiques spécifiques faisaient que chaque artiste, mis à part sa maîtrise de la technique et des concepts, produisait des œuvres marquées par sa culture maternelle." (1)

Le foisonnement actuel des propositions artistiques au Maroc est tout simplement à l’image de ce qui se joue dans la création artistique dans le monde. L’art se soucie moins de nationalisme, de construction de la spécificité culturelle et d’affirmation identitaire. Il se vit, se produit, se diffuse de plus en plus à l’échelle transnationale et développe des interrogations plus générales. Qu’ils vivent au Maroc ou à l’étranger, les Marocains les plus inventifs œuvrent à des pratiques en intelligence avec les nouvelles attitudes artistiques à l’échelle internationale. Ils tournent le dos aux préoccupations postcoloniales pour échapper aux carcans nationalistes et identitaires et s’ouvrent à la diversité et à la multiplicité des interrogations qui concernent l’humanité à l’ère de la globalisation. Et ce quand bien même leurdémarche reste collée à un territoire bien circonscrit, comme par exemple ce projet fort pertinent développé sur Casablanca du collectif la Source du Lion intitulé «Le Projet de la maquette».
La démarche de ce collectif remet clairement sur le devant de la scène la notion de la responsabilité de l’artiste et de son engagement citoyen : à quoi pourrait bien servir l’artiste au sein de la société marocaine actuelle qui, à l’ère de la mondialisation, connaît, des bouleversements et des dislocations sans précédent dans son histoire? Quels outils forger pour produire un art capable d’être en phase avec cette métamorphose inouïe que le pays vit et ce à tous les niveaux, artistique, culturel, sociétal, économique et politique?

Avec des artistes, dont certains illustrent les pages qui suivent, nous sommes, à l’évidence, bien loin des interrogations qui ont dominé la création artistique au Maroc depuis l’époque postcoloniale jusqu’aux années 80. Aujourd’hui, le souci des artistes n’est plus la reconstruction d’une identité culturelle nationale, ni de travailler à un art spécifiquement marocain, ou à un art contemporain marocain, mais de produire de l’art contemporain au Maroc, un art ouvert sur le monde et sur ce qui l’agite, et de voir comment le Maroc pourrait être traité par cet art contemporain, questionné, analysé, critiqué, mis à l’épreuve avec tous les jeux et les enjeux qui l’animent à l’ère de la globalisation.

Aux portes de l’Europe, ayant une forte population expatriée dans différents pays occidentaux qui l’alimente en permanence par ses énergies tant matérielles qu’intellectuelles et soucieux de son ouverture à la modernité, en dépit de certaines attitudes conservatrices, teintées parfois d’intégrisme radical, qui tentent de ralentir son élan, le Maroc présente maintenant plus que jamais tous les ingrédients pour l’adoption et le développement des expressions des plus innovantes et devient un laboratoire d’expérimentation et d’exploration des nouvelles formes et attitudes artistiques.



l'art contemporain au Maroc

INSTALLATIONS ET INSTALLATIONS IN SITU

très succinctement, on peut dire d’une installation in situ qu’elle est un dispositif plastique constitué d’un agencement d'éléments identiques ou de différentes natures formant un tout homogène ou hétérogène. une installation in situ se doit d’être construite en articulation étroite avec les paramètres réels d’un lieu donné et uniquement pour celui-ci : un site bâti ou naturel, un cadre architectural intérieur ou extérieur, un espace urbain ou rural. déplacée tel quel dans un espace autre que celui pour lequel elle a été conçue, celle-ci perd automatiquement sa plastique et sa signification initiales.

La catégorie installation in situ n’est, dans un certain sens, que l’aboutissement des interrogations fondamentales de l’art cherchant à s’émanciper des normes de création et de monstration classiques, voire même d’une certaine modernité. En explorant de nouvelles manières de faire et de montrer, les artistes contemporains visent à forger un vocabulaire fondé sur la production continuelle de formes inédites capables de générer des significations en intelligence avec les préoccupations artistiques, esthétiques, sociologiques, économiques, politiques, écologiques, etc. de la réalité actuelle.

Aussi, les pratiques de l’installation in situ se caractérisent essentiellement par un certain nombre de traits : le dépassement des catégories classiques du dessin, peinture et sculpture ; l’usage de matériaux et outils autres que ceux habituellement utilisés dans les pratiques artistiques traditionnelles ; la prise en compte étroite des lieux d’exposition, tant du point de vue physique, symbolique que sémantique, la sollicitation de la participation active du spectateur.

C’est dire que toutes les œuvres qui se déploient dans un lieu ne sont pas nécessairement des installations in situ, quand bien même leur forme s’écarte des formes classiques. A partir du moment où un dispositif d’installation est transposable d’un lieu à un autre sans se soucier de la manière dont cette transposition peut en affecter et la forme et le contenu, il n’est plus alors adéquat de le qualifier d’installation in situ. Celle-ci se doit d’être intimement et exclusivement liée à son espace de déploiement.

Par conséquent, peu, en réalité, très peu d’œuvres, peuvent être considérées comme de véritables installations in situ. Beaucoup d’artistes marocains produisent des sculptures contemporaines faites d’assemblages et de montages de multiples et divers objets, sculptures qui ne sont pas dépourvues d’intérêt, mais qui ne sont pas pour autant des installations in situ.

Œuvre réalisée dans le cadre des Transculturelles des abattoirs Casablanca . Avril 2009 . Photo Mostapha Romli



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BRAHIM BACHIRI

Né en 1965 à Sidi Boubeker, Brahim Bachiri vit et travaille à Roubaix, en France. A travers une pratique polymorphe (peinture, sculpture, installation, vidéo,…), Bachiri explore le corps, ses limites et ses possibilités… Il consacre son travail d’installation vidéo à la réflexion sur l’identité, à travers les contextes culturels, socio-politiques et économiques.



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AMINA BENBOUCHTA

L’oeuvre d'Amina Benbouchta interroge notre rapport au monde dans ce qu'il a de plus sensible, dans une problématique de déconstruction et de fragmentation du réel dans laquelle l’art deviendrait le révélateur de nos territoires intimes, quand, après les recouvrements, ne resterait à jour que sa part essentielle. Chaque objet pris dans sa simplicité devient libre de lui-même, la fleur n'est pas dans le vase qui n'est pas sur la table, mais est-ce encore une table que nous voyons? La représentation est-elle encore possible? Et c'est bien là une des interrogations majeures de l'art aujourd'hui. Son utilisation de l'espace, dans le dédoublement des perspectives, installe des présences qui questionnent le regard, nous obligent à une traversée de miroirs dans laquelle chaque signe, chaque apport de couleur est perçu comme la part rassurante, la part d'émerveillement qui rejoint la préoccupation première de cette artiste, rendre l'image à l'imaginaire.



l'art contemporain au Maroc

Mohamed Elbaz

Né en 1976 à Ksiba, Mohamed Elbaz vit et travaille entre Lille et Casablanca. Les humains(es) sont-ils condamnés pour toujours à l’élaboration des frontières ? Cette question que se pose tout un chacun, s’impose pour Mohamed Elbaz comme vecteur essentiel qui l’oriente dans l’errance de son activité artistique, dans son aventure entre réalité et fiction. Entre vécu et invention, l’artiste interroge les notions de frontières et territoires à travers visages et paysages, corps et espaces, identités et mémoires.



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MOUNIR FATMI

Né en 1970 à Tanger, Mounir Fatmi vit et travaille entre Paris et Tanger. Il construit des espaces et des jeux de langage qui libèrent tout particulièrement la parole de ceux qui les regardent. Ses vidéos, installations, dessins, peintures ou sculptures mettent au jour nos ambiguïtés, nos doutes, nos peurs, nos désirs. Ils pointent l’actuel de notre monde, ce qui survient dans l’accident et révèle la structure, ils désignent nos critères et nos symptômes. Son regard sur le monde devient notre regard : l’hyper-densité du flux continu d’informations qui nous traverse tisse un réseau entre transparence et malentendu. Représenté par de nombreuses galeries à l’étranger, il est un habitué des biennales et des grands musées d’art contemporain.



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SAFAA ERRUAS

Safaa Erruas est née en 1976 à Tétouan. Diplômée de l’Institut des Beaux-Arts de Tétouan, elle entre de plein pied dans le monde de l’art en développant une démarche originale. Son travail est marqué par le blanc qui symbolise, selon elle, absence, immatérialité, transparence, fragilité, voire lieu du possible. Un travail délicat, en finesse, qui pourrait s’apparenter à une œuvre de haute couture, où l’on retrouve les matières : tissus, coton, gaze, talc, aiguilles, papier de soie et perles se retrouvent. Son œuvre est sous-tendue par la beauté des espaces calmes, un monde presque vierge qui n’est pas parasité par une urbanisation agressive. Elle expose au Maroc et à l’étranger. Ses dernières expositions ont eu lieu en Allemagne, en Egypte, en Belgique, en Angleterre, en Italie et en Espagne. Elle vit et travaille à Tétouan.



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